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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 11:57

En ce jour de Fête Nationale, tandis que le pays entier festoie autour d'un bon barbecue pour commémorer l'indépendance du Chili, j'ai envie de malmener le mythe de l'indépendane. Entre une brochette de boeuf et un pisco sour, petite réflexion sur ce que signifie réellement l'"indépendance".

 

En 2010, plusieurs pays d'Amérique Latine, dont le Chili, célébraient leurs 200 ans. 1810, c'est la fin de la domination espagnole, et la formation de gouvernements nationaux. Vive l'indépendance! Fini le joug espagnol! festoient les nouveaux dirigeants. L'indépendance, c'est une notion positive, teintée d'espérance et de liberté. Rappelez-vous vos années d'écolier: quoi de plus réjouissant, dans les livres d'Histoire, d'apprendre les événements qui ont conduit à la libération d'un pays du joug de son occupant ou oppresseur?

 

Mais c'est un leurre. Un mythe. Ce n'est, après tout, que le remplacement d'un gouvernement par un autre, d'une classe dirigeante par une nouvelle. En quoi cela affecte -t-il la vie de l'immense majorité de la population? Rien. Ou presque. L'indépendance d'un pays, dans bien des cas, c'est une révolution de notables, qui ne profite qu'à eux. lIs usent de leur pouvoir de persuasion, leur talent d'orateurs ou de manipulateurs pour rallier le peuple à leur cause (ce qui n'est pas bien difficile, quand il s'agit de se débarrasser du pouvoir en place). Mais une fois que le bon peuple a fait le travail, c'est une nouvelle technocratie, une nouvelle aristocratie qui s'installe. Qu'y a gagné la population? Les remerciements de leurs majestés.

 

Ces réflexions me sont inspirées par les événements qui secouent le Chili ces derniers temps. Au pays de Salvador Allende, le pouvoir politique et économique, depuis l'Indépendance de 1810, est restée aux mains d'une élite composée de quelques grandes et puissantes familles. Ce sont pratiquement des dynasties, qui ont encore une forte emprise sur le pays 200 ans plus tard. Allende, justement, a été une sorte de parenthèse. Une parenthèse qui faisait désordre et qu'il fallait refermer au plus vite. Mais aujourd'hui, la classe dirigeante est malmenée par le peuple chilien, qui se rend compte que le système politique et économique est faconné pour le bénéfice de quelques-uns, et qui en assez des injustices. Le peuple chilien n'a pas connu d'indépendance, il est resté enchaîné à un système économique qui a certes évolué, mais qui est depuis toujours inégalitaire. Il est, aussi, prisonnier d'un mécanisme démocratique peu représentatif qui marginalise les minorités. Et, à part sous Allende, il en a toujours été ainsi.

 

Alors qu'on ne me parle plus de l'indépendance d'un pays. Car c'est de l'indépendance des classes dirigeantes qu'il s'agit. Un changement de dynastie. Rien de plus. Vous trouvez que j'exagère? Je vous invite à me le dire en commentaire.

 

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commentaires

marie-paule ouvrard 07/11/2011 00:18



Tout-à-fait d'accord, les intérêts particuliers d'une poignée d'hommes passent avant


ceux de milliers d'individus.