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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 14:28

C'est la triste nouvelle du moment. Les deux dernières grandes dunes de Concon, bien que faisant partie d'une zone protégée comme Sanctuaire de la Nature, sont menacées de disparition. Le site a une valeur écologique et historique, et non des moindres (à titre personnel, c'est l'un de mes lieux de promenade préféré). Le champ dunaire de Concon est considéré comme les restes les plus méridionaux du désert fleuri, quand le désert d'Atacama s'étendait jusqu'à la zone centrale du Chili, il y a plusieurs millions d'années. Il abrite un écosystème unique, déjà largement fragilisé par la réduction de son territoire. Certaines des 240 espèces de faune et flore recensés ont disparu depuis 2005.

 

http://www.tallerlaera.cl/imag/foto/foto_gale_duna_14.jpg

 

Pourquoi donc ce site est-il menacé? Parce que la volonté politique de protéger les dunes a peu à peu cédé face aux lobbies de l'immobilier. Les promoteurs arguent qu'il existe une forte juteuse demande immobilière dans cette zone. Et ils ont raison. Les appartements de luxe avec vue sur la baie de Valparaiso sont effectivement très prisés. Mais ce qu'ils ne semblent pas comprendre, c'est qu'à détruire ce qui reste des dunes, ils détruiraient tout ce qui fait le charme et l'identité de Concon. C'est refaire les mêmes erreurs que leurs confrères européens ont effectué jadis sur la Côte d'Azur ou la côte espagnole, où l'urbanization à tout prix a fini par faire perdre leur valeur aux sites dénaturés.

 

Revenons un peu en arrière. En 1993, le président de la République Patricio Aylwin signe un document qui donne au champ dunaire de Concon le classement de Sanctuaire de la Nature. A l'époque, il s'agit de protéger 50 des 150 hectares de dunes existantes. Je n'ai jamais vu ces 150 hectares. Lors de ma première visite au Chili, fin 2005, la majorité des dunes avait déjà disparu, laissant place à de modernes édifices. Ne restent aujourd'hui que les deux plus grandes, tutélaires et emblématiques. Pourquoi? Parce que l'ensemble de ces terrains appartient à des promoteurs immobiliers. C'était déjà le cas à l'époque d'Aylwin. Ce qui explique que seulement un an après la signature du décret, le même président Aylwin, cédant aux pressions des lobbies, a réduit la zone protégée de 50 à 12 hectares. Une peau de chagrin.

 

http://www.ecosistemas.cl/web/images/stories/Noticias/empresarios/dunas_de_concon.jpg

 

Depuis, la municipalité de Concon a signé, en 2005, un accord avec l'entreprise immobilière propriétaire du terrain couvrant ce qui reste du champ dunaire. Celle-ci s'est engagée à conserver 19 hectares comme réserve naturelle. Mais cela ne l'empêche pas de construire sur la plus haute dune, qui s'élève à 130 mètres au-dessus de l'océan mais ne fait plus entièrement partie de la zone protégée. A l'heure actuelle, riverains, écologistes et politiques ont demandé à l'Etat d'intervenir et d'expatrier la compagnie immobilière. C'est légalement possible et légitime, dans le mesure où il s'agit de protéger le patrimoine local. Mais le gouvernement, en partie dirigé par des entrepreneurs et ex-entrepreneurs, sera-t-il de cet avis?

 

 

Cela n'a malheureusement rien de nouveau, dans un pays qui a failli sacrifier une réserve naturelle marine pour installer une usine thermo-électrique à Punto de Choros, qui a frôlé la catastrophe écologique en permettant des forages sur le site des geysers d'El Tatio, et qui s'apprête à installer une série de grand barrages en Patagonie. Un projet titanesque qui aurait pour effet de redessiner le cours d'eau de plusieurs rivières, de ravager l'écosystème sur des centaines de kilomètres carrés, et de couper en deux les terres vierges de Patagonie pour y installer des lignes à très haute tension jusqu'à Santiago, à 1700 kilomètres plus au nord. Une immense estafilade au coeur des forêts millénaires.

 

http://mw2.google.com/mw-earth-vectordb/outreach/media/yab/images/366J-11-30.jpg

 

Rien d'étonnant, dans un pays qui ouvre grand ses portes à Monsanto et autres promoteurs de semences transgéniques, au mépris de sa population rurale qui vit en grande partie de sa petite production agricole. Et qui permet à ses mêmes apprentis-sorciers de faire breveter leur semence pour en obtenir la propriété intellectuelle, interdisant de facto aux paysans locaux de produire leur propres grains et cultiver leur propre variété (je résume, c'est beaucoup plus compliqué que ca).

 

Mais comme les manifestations se multiplient au Chili ces derniers mois (pour la gratuité de l'Education, contre les projets hydro-élecriques en Patagonie, entre autres) et que la cote du gouvernement est à peu près aussi basse que celle de Sarkozy, il y a de l'espoir. Et si vous voulez apporter votre pierre à l'édifice grain de sable à la dune, vous pouvez rejoindre le group Red Duna Libre sur Facebook: http://es-es.facebook.com/pages/RED-DUNA-LIBRE/164552700288078?sk=wall et signer la pétition en ligne à cette adresse: http://dl.dropbox.com/u/357571/DUNA%20LIBRE/Red_Duna_Libre/Unete.html.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 16:47

Saviez-vous que l'Antarctique est l'unique territoire de la planète où la guerre est interdite? Sans vie humaine, sans usines, sans "propriétaires", le Continent Blanc est protégé depuis 50 ans par une série de traités internationaux qui en font une réserve naturelle et scientifique, où toute opération militaire ou minière est prohibée.

 

Mais pour combien de temps? Le tourisme polaire est en plein développement, pas moins de sept pays (dont le Chili et la France) revendiquent une portion de terre glacée, et dans l'hypothèse d'une prochaine fonte des glaciers, l'Antarctique est à même d'exciter les convoitises. Pour ses réserves d'eau potable (glacée, certes, mais pas moins utilisable) et ses potentielles richesses minières.

 

Paradoxalement, alors que le premier Traité sur l'Antarctique de 1959 garantit que le Continent blanc, n'est propriété d'aucun Etat, c'est l'un des endroits dont l'accès est les plus contrôlés dans le monde. Et c'est nécesaire. Car le développement de quelconque activité humaine, sans réglementation, mettrait en péril un écosystème unique et fragile. Les opérateurs touristiques obéissent à une série de contraintes et de règles qu'ils se sont auto-imposées. Mais si la demande continue d'augmenter, l'installation d'hôtels sur la péninsule antarctique est une hypothèse plausible.

 

antarctique1 

Concernant les revendications territoriales, l'Antarctique baigne dans un flou juridique opaque comme une grosse couche de banquise. Les traités reposent sur le principe d'un gel (sic!) des prétentions territoriales. Autrement dit, aucun Etat ne peut se déclarer possesseur d'un bout du territoire antarctique. Mais rien ne les empêche de poursuivre leurs revendications.

 

Le plus préoccupant concerne l'activité minière. A l'époque du premier traité de 1959, plusieurs Etats signataires salivaient d'avance à la perspective des (supposées) richesses minérales enfouies sous la glace. La question de leur possible exploitation a donc été soigneusement éludée dans le texte. Mais depuis, le Protocole au Traité sur l'Antarctique de Madrid, en 1991, a clairement interdit toute activité minière, à moins qu'elle soit nécessaire à la recherche scientifique (en effet, on ne saît pas encore, ou très peu, de quoi est composé le sol du continent).

 

antarktik Vostok Station

 

Le problème, c'est que ce protocole expire en 2048, et qu'il n'est pas certain qu'il soit prolongé. Car d'ici là, la demande énergétique et minière de la planète devrait continuer d'augmenter. Certains experts s'attendent à une pénurie de ressources. Dans ce contexte, si le réchauffement climatique suit son court comme prévu, le sous-glace de l'Antarctique apparaitra comme un gigantesque gateau, auquel il sera difficile de ne pas succomber.

 

Mais l'Antarctique est aussi porteur de bonnes nouvelles. Des chercheurs ont ainsi récemment découvert des micro-organismes capables de dissoudre le pétrole but, le diésel et autres hydrocarbures. BP aurait été content de les avoir sous la main au golfe du Mexique!

 

Personnellement, même s'il s'avérait que la fonte des glaces de l'Antarctique était inéluctable, je pense qu'il est indispensable de protéger ce vaste territoire. A plus forte raison, si elles fondent. Car le jour où le Continent Blanc sera totalement libéré de ses glaces, cela voudra dire que le climat se sera considérablement réchauffé, que le niveau de la mer aura notoirement augmenté, et que les ressources en eau potable de nos actuels continents aura largement diminué. Autrement dit, dans plusieurs centaines d'années, l'Antarctique risquerait de devenir une bouée de secours, l'un des rares territoires vivables. Mais cela n'est qu'une projection, un changement radical de paradygme qui, espérons-le, n'est pas près d'arriver.

 

Pour finir, je vous conseille fortement de lire "La Nuit des Temps", de Barjavel. Un magistral roman de science-fiction qui traite en filigrane de l'avidité de l'Homme et des conséquences de sa malsaine curiosité.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 14:14

Dans le contexte actuel, qui songerait à construire des centrales nucléaires dans un pays sujet aux séismes et aux tsunamis? Le gouvernement chilien, pardi! A l'occasion de la visite officielle de Barack Obama à Santiago cette semaine, le président Sebastian Piñera a affirmé que le Chili renforcerait son partenariat avec les Etats-Unis et ferait venir des experts internationaux en énergie atomique. Le gouvernement souhaite être mieux informé sur la faisabilité et les risques liés au possible développement du nucléaire au Chili, plutôt que rejeter totalement ce type d'énergie sans avoir étudié pleinement la question.

 

On pourrait penser que l'intention est louable, sachant que le Chili dépend énergétiquement de ses voisins, et cherche frénétiquement le meilleur moyen d'augmenter sa production d'électricité. Mais cet entêtement de Piñera ressemble un peu à celui du bon élève têtu qui refuse d'admettre l'erreur pointée du doigt par son professeur, et persiste dans son idée jusqu'à ce rendre compte que, ah ben oui, il s'est trompé, et qu'à ce stade-là, il est trop tard pour corriger la faute. On n'en est pas là avec le nucléaire, heureusement.

 

Mais si ce n'est pas le nucléaire, ce sera vraisemblablement le projet HydroAisen, qui consisterait à construire plusieurs grand barrages dans l'une des zones les plus vierges de Patagonie. Un projet qui aurait d'importantes conséquences environnementales, et conduirait à ériger des lignes à très haute tension sur des centaines de kilomètres de terres protégées. Ces dernier temps, on peut observer l'intense lobbying du gouvernement et des entreprises pour convaincre la population de la nécessité du projet.

 

Je ne suis pas expert en la matière, mais il me semble qu'avec ses 3.700 km de côtes, son ensoleillement et sa géothermie, le Chili a d'autres sources d'énergie potentielles à explorer. Cela représente sans doute plus d'investissements et plus de temps à mettre en place, mais sur le long terme, c'est une solution plus durable. Le problème, c'est que la situation semble un peu urgente si le pays continue à se développer au même rythme. Et que prendre son temps, dans un monde où tout va toujours plus vite et où les vues à court terme sont privilégiées, ne semble pas à l'ordre du jour. 


hydroaisen 

Et comme on n'en est pas à une aberration politique près, voilà que la Bolivie a décidé de faire appel au tribunal international de La Haye pour réclamer l'accès à la mer au Chili. La dispute remonte à près de deux siècles, quand le pays d'Evo Morales a obtenu son indépendance, et que le territoire de l'Atacama n'avait pas de frontières. Il a fait l'objet d'une guerre en 1879 (gagnée par le Chili), puis divers traités ont été signés par les deux pays à plusieurs années d'intervalle. Malgré cela, la Bolivie continue de réclamer son droit souverain à avoir accès au Pacifique. Où est l'aberration dans tout ca? La voici: après des décennies sans relations diplomatiques, les deux pays, sous l'impulsion de Michelle Bachelet, avaient timidement repris contact. L'hypothèse d'un corridor entièrement contrôle par la Bolivie, lui donnant accès au Pacifique, a été remis sur la table. L'aberration, c'est donc de faire appel à la justice internationale, alors que les discussions avaient enfin repris.

 

Le plus étonnant, c'est que les autorités boliviennes estiment que cette action n'empêchera les négociation diplomatiques de continuer. Là encore, c'est un peu comme si deux élèves faisaient un travail de groupe, et que l'un des deux irait se plaindre en douce à la maîtresse qu'il fait tout le boulot tout seul et que c'est pas juste. Après ca, comment espère-t-il continuer à travailler avec l'autre élève?

 

Bref, les politiques sont de grands enfants qui font joujou avec de grands problèmes et testent jusqu'où ils peuvent aller sans trop irriter les p'tits copains et les surveillants de la cour de récré. Plus sérieusement, il y a sans doute des raisons électoralistes derrière l'attitude de la Bolivie. Un travers de la démocratie, sans doute...

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 00:24

Et si la manière facon de militer, c'était d'acheter des actions en Bourse? Voilà une action bien différente de ce que font habituellement les ONG et groupes militants. People for the Ethical Treatment of Animals (PETA), une association nord-américaine qui lutte pour le respect des animaux, a ainsi acheté des parts dans diverses compagnies, comme les chaînes de restaurations Ruby Tuesday et même l'emblématique MacDaube. Leur idée: avoir leur mot à dire auprès des autres actionnaires et pouvoir ainsi faire pression sur les conseils d'administrations de ces multinationales.


Et apparemment, ca marche: Ruby Tuesday a ainsi accepté de n'acheter sa viande qu'auprès de compagnies qui traitent les animaux "humainement". Par exemple, les oeufs et la viande de porc proviennent uniquement d'animaux qui ne passent par leur existence enfermés dans des cages. PETA, connue pour ses militants faisant des strip-teases pour dénoncer le commerce des fourrures, a ainsi trouvé un moyen politiquement correct et diplomatique d'être pris au sérieux et d'obtenir des résultats.


Maintenant, imaginez le potentiel de la chose: si des associations telles que Greenpeace ou Médecins sans frontières parvenaient aux conseils d'administrations des multinationales pétrolières, minières ou du commerce maritime, cela pourrait aboutir à une prise de conscience générale suivie d'actions concrètes pour réduire les contaminations en tout genre. Donc mon conseil, si vous êtes boursicoteur et militant, investissez dans les compagnies que vous critiquez et abhorrez le plus: ca vous permettra de faire entendre votre voix.

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 21:54
Il était une fois un champ de geysers perdus, solitaires, dans les hauteurs arides de la cordillère des Andes. Durant des millénaires, peut-être plus, les fontaines d'eau bouillante ont vécu tranquilles, suscitant vraisemblablement le respect et la crainte des populations indiennes. Et puis l'homme moderne est apparu, avec toute sa curiosité, sa science, son argent et son avidité.


Les geysers d'El Tatio, malgré leur isolement à 4.200 mètres d'altitude, sont peu à peu devenus l'un des plus grands attraits touristiques du Chili: c'est le troisième site le plus visité du pays, avec plus de 100.000 visiteurs par an. C'est merveille de voir les colonnes de fumée s'élever à l'aurore dans leur écrin montagneux, d'observer les couleurs chatoyantes au fond des sources bouillonnantes, d'y faire chauffer le lait et cuire les oeufs du petit déjeuner, et enfin de se baigner dans une piscine naturelle d'eau chaude alors que la température extérieure atteint les -2 degrés.


Ca, c'est le côté agréable et inoffensif de l'homme moderne. Mais je l'ai dit, il n'y a pas que la curiosité. Le gouvernement chilien et des entreprises privées y ont vu un moyen de développer l'énergie géothermique. D'un point de vue environnemental, c'est une bonne idée, puisqu'il s'agit d'une énergie renouvelable. Oui mais voilà: il s'agit d'un site unique, de grand intérêt géologique, l'un des joyaux du pays. Or ces considérations n'ont pas empêché le gouvernement de permettre l'exploitation du site (ou tout au moins, juste à côté).

Et ce qui devait arriver se produisit: en forant sur le plateau à proximité des geysers pour chercher un filon d'eau chaude, l'Entreprise Géothermique du Nord a créé accidentellement un nouveau geyser, de 60 mètres de haut (alors que les autres atteignent au plus un mètre). Pour être clair, les geysers d'El Tatio, avant, c'était ca:


Maintenant, c'est ca:


Selon les scientifiques, les geysers ne vont pas disparaître, mais la création de cette nouvelle colonne d'eau gigantesque a fortement modifié la pression, et la plupart des sources d'eau chaude sont désormais réduites à de simples gargouillis. L'entreprise doit maintenant faire appel à des spécialistes étrangers pour réparer les dégâts. En espérant qu'il soit possible de simplement "reboucher" un trou d'où jaillit avec violence une colonne de 60 mètres d'eau bouillante.

De mon côté, moi qui croyait que le Chili avait finalement compris l'intérêt qu'il avait à protéger ses richesses naturelles, je tombe de haut. Au moins 60 mètres.

PS: aux dernières nouvelles, le geyser géant a pu être contenu, et des actions en justice pourraient être menées contre le groupement d'entreprises responsable, ainsi que les institutions estatales qui ont autorisé l'exploitation.
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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 16:07
Le sud du Chili est le nouvel Eldorado des promoteurs immobiliers. Il ne s'agit pas seulement de développement touristique, mais de stratégie géopolitique. Oui, rien que ca! Bon, c'est sûr, le sud du Chili, ses forêts luxuriantes, ses lacs majestueux et ses volcans enneigés, ont de quoi attirer les touristes du monde entier. L'infrastructure touristique ne cesse de s'y développer et les offres se multiplient. Mais le boom immobilier qui fait monter le prix des terrains est dû à tout autre chose.

D'abord, il y a le réchauffement climatique. On nous parle sans cesse de la raréfaction du pétrole, mais ce qui est autrement plus sérieux, c'est la disparition possible de l'eau potable dans certaines régions du globe, et la hausse probable des prix de l'eau, nouvelle monnaie d'échange à l'échelle planétaire. Or la Patagonie chilienne, outre une pluviosité hors-norme, contient un précieux trésor: le Campo de Hielo Norte et le Campo de Hielo Sur, deux immenses glaciers (le second mesure 350 kilomètres de long!) qui constituent la troisième réserve d'eau douce de la planète, après le Groenland et l'Antarctique. Résultat: la Patagonie devient l'objet de nombreuses convoitises, et les investisseurs étrangers se tournent de plus en plus vers ces vastes territoires.

L'écologiste Douglas Tompkins, milliardaire américain fondateur de la marque de vêtements Esprit, a été l'un des précurseurs. Via sa fondation Patagonia Land Trust, il a acheté depuis les années 80 quelque 460.000 hectares de terrain en Argentine et au Chili. L'une de ses acquisitions les plus polémiques est l'achat d'une bande de terrain qui va du Pacifique jusqu'à la frontière argentine, qu'il a convertie en réserve nationale. La fondation est également propriétaire d'un large territoire contigu, côté argentin. Par conséquent, le sud du Chili se retrouve littéralement coupé en deux par cette zone privée, convertie en parc national, qui s'étend de plus sur les deux pays. Ladite zone étant classée comme réserve naturelle, cela devient pratiquement un territoire indépendant. Voyez la partie du sud du parc, sur la carte ci-dessous, qui s'étend véritablement de l'océan jusqu'à l'Argentine!


Les intentions écologistes de Tompkins sont réelles. Mais que penser des investissement effectuées récemment par de grandes banques états-uniennes dans le sud de la Patagonie, et notamment la grande île de Terre de feu (avec, là encore, des propriétés qui traversent la frontière chiléno-argentine)? Certes, les banques affirment qu'elles cherchent à développer l'écotourisme et protéger l'environnement. Mais on peut s'interroger sur leur réel dessein. Ces régions, en plus de posséder des ressources en eau quasi-inépuisables, sont riches en gisements minéraux et sont également propices au développement de l'élevage. Alors pourquoi laisser cela aux mains des Chiliens et Argentins, ou plutôt, au vide patagonien, quand on peut s'en emparer à un prix très intéressant? Mais surtout, il faut considérer l'eau comme l'or de demain. La Patagonie, avec ses glaciers, c'est le pays de l'or blanc.

Mais il n'y a pas que les banques, trusts et holdings qui achètent à tour de bras dans le sud du Chili. Les particuliers aussi, qui y voient un refuge sûr pour les années à venir. En prévision du manque d'eau potable, mais aussi... à cause des Mayas! Les fameuses prédictions basées sur le calendrier maya estiment que le champ magnétique de la Terre pourrait s'inverser en 2012, causant un cataclysme à l'échelle planétaire. A priori, si cela devait arriver, on ne serait pas mieux protégé en Patagonie qu'en Ouzbekistan ou en Sierra Leone, mais bon... il semblerait que le fait d'être dans une zone froide, abondamment humide et peu peuplée ait quelque chose de rassurant.

Si après tout ca, vous n'avez pas envie (contrairement à moi) d'investir en Patagonie, pensez que c'est l'une des dernières grandes régions sauvages de la planète (pour combien de temps?), aux paysages superbes, et qu'elle mérite une visite.
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 00:00
Un groupe international d’astronomes, appuyé notamment par l'Union Atronomique Internationale, a proposé devant l'Unesco que le ciel de l'Atacama, des Iles Canaries et de Hawai soit déclaré au Patrimoine de l’Humanité. La raison est simple: ces trois zones, grâce à des conditions atmosphériques et météorologiques particulières, sont les meilleures régions du monde pour observer le ciel. Ce n'est pas pour rien que les plus grands téléscopes du monde se trouvent dans le nord du Chili.

L'idée est originale. Mais si l'on y songe, ce n'est pas seulement un bout de ciel qu'il faudrait classer, sinon le firmament complet. L'air bouge, et une particule du ciel d'Atacama peut très bien se retrouver quelques temps après à Los Angeles, Bora-Bora ou Tripette-Les-Oies. Plus sérieusement, même si j'apprécie le travail de l'Unesco, je le considère caduc, dans la mesure où c'est la planète entière, patrimoine commun à l'Humanité, qu'il faut protéger. Terre, air, océans, la totale. Mais bon, il y a encore du boulot pour faire accepter cette idée. Que l'Unesco continue son travail, si ca peut y contribuer...

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 13:29
Le rallye Dakar va de nouveau passer par le Chili et l'Argentine l'an prochain, c'est une quasi-certitude. Et ce, malgré la publication d'une étude remise au gouvernement de Michelle Bachelet, qui conclut que six zones archéologiques situées dans le nord du Chili ont été endommagés par le passage des concurrents. Quelle est donc la bonne nouvelle? Le Chili a demandé aux organisateurs du rallye de publier le tracé de l'édition 2010 plusieurs mois à l'avance. Cela permettrait aux autorités chiliennes de s'assurer que le passage du rally ne comporterait pas de risque pour le patrimoine archéologique et naturel.

Ce que je trouve stupéfiant, c'est que durant les 25 éditions précédentes, on ait laissé les organisateurs publier le tracé au dernier moment, sans se préoccuper des potentielles conséquences sur l'environnement. Mais j'imagine que c'était le dernier des soucis des Etats africains traversés par le rallye.
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 12:47
269 milliards de dollars. Non, ce n'est pas le montant du nouveau stimulus financier des Etats-Unis pour venir en aide à son économie sinistrée. C'est le cout total des catastrophes naturelles et humaines pour l'économie mondiale en 2008. Une compagnie d'assurance suisse a répertorié pour l'an passé 137 calamités naturelles et 174 désastres causés par l'homme. Le cout total du seul tremblement en Chine en mai 2008 est estimé à 124 milliards.

Deux faits attirent mon attention. Le premier, c'est que l'Homme soit responsable de plus de catastrophes que Dame Nature à l'échelle de la planète. Je savais déjà que l'Humanité est un parasite global, mais pas au point d'être une calamité. Pas déjà.

Le second, c'est le montant faramineux du séisme en Chine. Certes, les catastrophes naturelles ont toujours eu un cout pour l'économie. Mais ce qui m'interpelle, c'est qu'en 2008, avec toute la technologie et les moyens disponibles, les gouvernements ne fassent rien pour prévenir ce genre de tragédie. Certes, on me dira que la Chine est en voie de développement et très peuplée. Oui, mais rappelez-vous ce qui s'est passé à La Nouvelle Orléans, dont on savait que les digues s'effondreraient facilement. Scientifiques, météorologues, ingénieurs l'avaient prédit. Qu'on ne me dise pas que les Etats-Unis n'avait pas les moyens financiers et logistiques d'éviter cela. Au final, faire construire des digues neuves aurait coûté beaucoup moins cher à la Louisiane (et je ne parle pas du bilan humanitaire!)

C'est cela que j'ai du mal à accepter. Je peux comprendre que nos gouvernants soient réticents à dépenser de très fortes sommes pour prévenir inondations, tremblements de terre et autres calamités. Mais ils savent pertinemment qu'en cas de sinistre, les conséquences financières, humaines et parfois politiques sont bien plus lourdes.

Voici, selon moi (et beaucoup de gens sensés) comment les choses devraient fonctioner:
1) Les citoyens et les entreprises paient des impôts.
2) Le gouvernement investit, notamment dans l'infrastructure immobilière, la voirie, etc...
3) Avec ces nouvelles infrastructures, on fait gagner de l'argent aux entreprises, on évite une partie des désastres et une tragédie humanitaire.

C'est un peu schématique et raccourci, mais vous voyez bien le processus. Au final, tout le monde y gagne. Alors pourquoi, en Louisiane, en Chine ou ailleurs, ca ne fonctionne pas comme cela? Nos dirigeants ont-ils le QI d'une vache folle? Non, évidemment non (quoique...). Alors la vraie question, la voici: à qui cela profite-t-il de ne pas améliorer les infrastructures, mais aussi le système de santé, l'éducation, les salaires, l'accès à la culture, etc. de centaines de millions (de milliards?) de personnes? Et je ne parle pas de profit personnel facon régime bananier à la Mobutu.

Posez-vous la question; commentaires bienvenus!
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 23:56

La nouvelle est tombée il y a une dizaine de jours, vous le savez donc sans doute: le Dakar 2010 aura de nouveau lieu au Chili et en Argentine. Inutile de vous dire que la nouvelle ne m'a pas fait sourire. Surtout que cette fois, on parle de faire passer le rallye par San Pedro de Atacama. Pour moi, c'est un peu comme faire traverser un troupeau d'éléphants dans un magasin de porcelaine.


La zone de San Pedro d'Atacama est l'un des joyaux du Chili. Une région où l'on trouve désert de sel, dunes, geysers, flamants rose, oasis... constituant un écosystème fragile. C'est une région aujourd'hui très touristique, mais où l'on respecte l'environnement. Aucune agence de tourisme, par exemple, ne vous proposera d'aller faire du quad ou du 4X4 dans ces dunes.



Mais nos nouveaux conquistadores du désert, eux, ne semblent pas avoir ce genre de scrupules. Chevaucher les dunes, c'est la marque du Dakar. Et si l'on avait le droit de piloter sur la dune du Pilat, je suis sûr qu'ils ne se feraient pas prier! Amaury Sport Organisation a promis de renforcer les mesures de sécurité, mais pour ce qui est de la protection de l'environnement, quoi qu'en disent les organisateurs et les autorités locales, je reste très sceptique.


Quant aux retombées pour les deux pays, je ne doute pas qu'elles soient positives pour le tourisme. Mais à long terme, le Chili, qui base sa communication sur les beautés naturelles et vierges pour attirer les touristes, se tire peut-être une balle dans le pied en accueillant à bras ouverts les sports mécaniques.
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