Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Suivez le guide

Visitez Valparaiso 1 

En perte de repères?

Vieux, Pas Périmé

Blogs à voir

Un prof à mourir de rire
 
Réseau de blogs latinos francophones

Histoires de coeur et de fesses de Nina et les vingtenaires

Dans les coulisses du journalisme

Un citoyen propose son programme politique

Ca fait penser à Sex & the City

Jean Véronis décrypte le langage des politiques

Drôle, féroce et un poil vulgaire

Un autre regard sur le Brésil

Les tribulations d'Eulalie et M. Muche

27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 04:41

Overdose d'Internet, blogage et réseaux sociaux, vous connaissez? Moi oui! Depuis plus d'un mois, après quelques vacances bien méritées, je m'échine avec Internet et les joies de l'HTML pour créer non pas un, mais deux sites, un en anglais et l'autre dans la langue de Rabelais. Le tout dans le but de développer mon activité de guide touristique au Chili. Il y a encore du boulot, mais c'est suffisamment acceptable pour vous les présenter.

 

Donc les voici, les voilà:

chileprivatetours.wordpress.com

et la version english: chileprivatetours.com

 

La version francaise aura son propre nom de domaine et des photos dans les jours qui viennent. En attendant, vous pouvez aller y jeter un oeil, et diffuser dans votre entourage! Commentaires et suggestions bienvenus!

 

 

Repost 0
16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:38

Au lendemain de notre virée aux thermes de la vallée de Colina, cap sur le monument natural El Morado pour une bonne marche en montagne. Le "monument" consiste en une haute vallée de montagne, aboutissant sur de hauts sommets et deux glaciers: El Morado et San Francisco.

 

Cajon del Maipo 33

 

Situé à environ deux heures de route de Santiago, le site n'est pourtant pas très fréquenté, et on se sent vraiment seul au milieu des montagnes. On pourrait se croire dans une vallée des Pyrénées, avec des sommets bien plus élevés, mais la grande différence, c'est l'absence quasi-totale de promeneurs. A nous la nature!

 

Cajon del Maipo 47

 

En chemin, on s'arrête pour observer les bouillonantes sources d'eau chaude ferrugineuse, cousines miniatures des geysers de l'Atacama. Au fond du décor se dessinent les glaces éternelles entre les hautes parois de granite.

 

Cajon del Maipo 37

 

Les essences de fleurs sont innombrables. C'est en partie pour cette flore abondante et variée que le site est classé monument naturel. Dans la haute vallée, la marche est agréable, avec une montée en pente douce et une brise fraiche qui atténue les rayons de soleil persants.

 

Cajon del Maipo 51

 

Au bout d'un peu plus de deux heures de marche, à 2.800 mètres d'altitude, on atteint un petit lac de montagne. A partir de là, le paysage change. La vallée s'encaisse et approche de son terme, la végétation se raréfie soudainement. Un chemin sinueux continue jusqu'au pied des glaciers.

 

Cajon del Maipo 52

 

Nous n'irons pas plus loin. Le temps se couvre, il est temps de rentrer. Il ne fait pas bon se trouver sous l'orage en haute montagne.

Repost 0
15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 08:01

Amateurs de thermalisme et de sources d'eau chaude, venez donc au Chili! Entre établissements de grand luxe, stations thermales familiales et bains rustiques en plein air, vous y trouverez votre compte.

 

Personnellement, j'ai toujours eu une préférence pour les sources thermales naturelles, inviolées par la main de l'homme. C'est-à-dire des piscines naturelles sans infrastructure, à l'air libre, laissées à leur environnement d'origine. Un lieu en particulier attirait mon attention depuis longtemps: les thermes de la vallée de la Colina, une séries de huit petits bassins de calcaire accrochés à flanc de montagne, à plus de 2.500 mètres d'altitude, au-dessus de Santiago. Un écrin naturel au milieu des Andes, où il n'est pas rare d'apercevoir des condors planer.

 

Mais encore faut-il y arriver. Le chemin est caillouteux, chaotique. Il faut savoir éviter les chèvres,

Cajon del Maipo 02 

s'éloigner des nombreux camions (il y a une mine près du site) et du nuage de poussière qui les suit,

Cajon del Maipo 03

 

éviter les trous dans la route abîmée par les poids-lourds, les marres d'eau et autres chausse-trappe,

Cajon del Maipo 05

 

ne pas s'effaroucher face aux nuages menacants au-dessus de nos têtes...

Cajon del Maipo 07

 

Finalement, après plus d'une heure de tape-fesses motorisé, enfin, la récompense. Nous voilà arrivés aux sources de la béatitude.

 

Cajon del Maipo 10

 

L'eau, chauffée par la lave qui passe par les sous-sol du volcan San Jose tout proche, sort de terre en gargouillant à 90 degrés. Un mince filet d'eau dévale la pente lisse et alimente une série de bassins, lentement créés et faconnés par les dépôts naturels de minéraux. Plus l'on descend la pente, plus l'eau se refroidit, et la température des piscines naturelles passe progressivement de 60 à 25 degrés.

 

L'eau, chargée en minéraux, a des propriétés curatives. Mais pour l'instant, nous n'en avons cure: nous nous délectons de l'eau chaude, tandis qu'il commence à pluvioter et que un vent frais nous fait voler les cheveux dans la figure. Ah, on est bien à l'intérieur!

Cajon del Maipo 14

 

Et là, moment magique: sur la montagne en face de nous, de l'autre côté de la vallée, ce ne sont pas des gouttes qui tombent, mais d'abondant flocons. Dans notre piscine d'eau chaude, les pieds en éventail, nous assistons avec ravissement au spectacles du sommet se couvrant d'un manteau de blanc. Il ne manque plus que le pisco sour!

 

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et il faut redescendre avant l'arrivée de la nuit. Et avant que la pluie ne fasse des ravages sur la chaussée!

 

Cajon del Maipo 18

 

Nous passons la nuit au refuge de Lo Valdes, un beau chalet de bois un peu plus en aval, là où la vallée redevient verte. Et pour couronner cette belle journée, les derniers rayons de soleil nous gratifient d'un spectacle magnifique.

 

Cajon del Maipo 28

 

Après cinq ans passés au Chili, cela reste gravé comme l'un de mes meilleurs souvenirs.

Repost 0
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 11:39

Septembre... la fin des vacances... et le moment idéal pour penser à passer les vacances d'hiver au Chili! Alors pour la première fois depuis longtemps, quelques carnets de voyages pour vous donner envie. Allez hop!

 

Palmar de Ocoa 16

 

Le Chili a la particularité (une parmi tant d'autres) d'abriter le seul palmier vivant en zone non-tropicale du globe. Le palmier chilien, au tronc épais, mesure en général une quinzaine de mètres de haut et atteint sans problème les mille ans. On recense des spécimens de 30 mètres et de 1.400 ans. Aujourd'hui, il n'existe que trois zones dans tout le pays où cet arbre continue de pousser naturellement. Toutes sont classées zone naturelle protégée.

 

Palmar de Ocoa 09

A un peu plus d'une heure de route de Valparaiso se trouve la forêt de palmiers d'Ocoa, dans le parc national La Campana. L'endroit, abrité des vents froids du sud et de la brume maritime par une imposante montagne (La Campana, nommée ainsi pour sa silhouette en forme de cloche), jouit d'un micro-climat qui permet la survie des palmiers... et qui en fait un site idéal pour une promenade printanière.

 

Palmar de Ocoa 10

 

A la fois très vert et très sec, le vallon dans lequel se trouvent les palmiers est un havre de tranquillité. Eloigné des principaux circuits touristiques, il est très peu fréquenté, et le calme n'est troublé que par les gazouillement des oiseaux et le frissonnement du vent entre les palmes. La zone faisant partie d'un parc national, il existe plusieurs sentiers balisés et faciles à emprunter. S'enfoncer sous la voûte des grands arbres, monter vers le sommet de La Campana ou s'acheminer jusqu'à un petit cirque orné d'une cascade... le palmar d'Ocoa a de nombreux attraits pour les marcheurs.

 

Palmar de Ocoa 14

 

Au détour d'un virage, près d'un ruisseau, vous aurez peut-être la chance de croiser des renards, et... des vaches qui n'hésitent pas, malgré leur taille, à s'engouffrer dans les fourrés épineux, à la recherche de nourriture. La première fois, ca surprend. Et puis enfin, il y a les cactus candélabres, qui se parent de fleurs rouges en été. Tout simplement superbe!

 

Palmar de Ocoa 15

Repost 0
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 03:16

En fouillant dans mes cartons, je viens de retrouver un texte que j'avais écrit il y a deux ans, suite au tournage d'un documentaire dans lequel j'ai été impliqué. Documentaire que je n'ai jamais vu, d'ailleurs. J'attendais de le visionner pour publier cet article, mais je crois que j'ai définitivement raté la diffusion...



"La vie, c'est comme une boîte de chocolats: on ne sait jamais sur quoi on va tomber". La référence forrest-gumpienne n'est certes pas très intellectuelle, mais elle résume bien mon état de pensée du moment. Travailler comme guide touristique permet généralement de rencontrer des gens sympathiques, souriants et heureux de découvrir du pays. Travailler comme journaliste offre parfois le bonheur de rencontrer des gens extraordinaires. Ici, à Valparaiso, il m'est arrivé les deux choses à la fois.

Pendant deux jours, j'ai accueilli, transporté et guidé une équipe de tournage de France 5 à Valparaiso, qui travaillent pour le magazine
Echappée belle. Sur le thème des itinéraires mythiques, le trio effectuait un voyage autour du monde par étapes, les conduisant de Paris à Hong-Kong, du Cap à Auckland, de New York à Amman, en passant par... Valparaiso. Une journée, deux maximum dans chaque ville, le temps d'en ressentir l'âme, l'esprit, de rencontrer des personnalités locales...

Leur périple, c'est une boîte de chocolat à l'échelle planétaire. Impossible pour ces Jules Verne des temps modernes de savoir précisément ce qui les attend à chaque étape. Et moi, en allant les chercher à l'avion, j'avais la même légère appréhension: et si c'était une équipe de reporters pressés, prétentieux et directifs, comme j'en ai déjà croisé du temps où j'étais journaliste en France? Et si les personnages que j'avais prévu de leur faire rencontrer ne collaient pas avec ce qu'ils cherchaient? Et si, au lieu des pralinés, ils aiment les chocolats au cognac?


La rencontre a été belle. J'ai trouvé des gens ouverts, intéressés et intéressants, capables d'adapter leurs sens aux battements de coeur de Valparaiso, de communiquer sans pour autant parler espagnol. Et eux, ils ont trouvé "El Loro".


loro-coiron-con-sus-alas-abiertas

Thierry Defert, artiste francais rebaptisé Loro Coiron par les Chiliens. Loro (perroquet), c'est parce qu'il est bavard comme un perroquet. Coiron (une sorte d'herbe sèche), c'est à cause de ses sourcils foisonnants comme une botte de paille.

C'est un de ces personnages fascinants que l'on rencontre parfois par hasard, un type que l'on peut écouter pendant des heures sans se lasser, qui a le don de raconter, de se raconter, et même de penser tout haut sans jamais être ni ennuyeux ni donneur de leçons. Un type qui a roulé sa bille un peu partout avant de s'ancrer à Valparaiso, et d'encrer son Valparaiso. Loro grave. Mais grave joyeusement. Il saisit, en noir et blanc, des scènes de vie du mythique port, fait oeuvres d'art les habituelles cartes postales du centre historique. Et ses grands formats noirs et blancs sont remplis des milles couleurs de Valparaiso.


grabado+esquina+pza+echaurren
Loro, le personnage, a captivé l'équipe. Loro dans son atelier d'artiste a captivé les objectifs des caméras. Il a un ambitieux projet: réaliser une fresque de 300 mètres de long sur 4 mètres de large, qui serait une sorte de panorama de la vie à Valparaiso. Ce serait beau. Pour vous donner une idée de ce qu'il fait, il a un site, pas très actualisé: http://www.txtnet.com/ThierryDefert/index.htm

Cette heureuse rencontre entre l'équipe de tournage, Loro et moi, ç'a été un moment de grâce, sans doute l'un des meilleurs chocolats de la boîte. Une belle rencontre, et le terme n'est pas galvaudé.


L'ironie de l'histoire pour moi, c'est que l'un des dernier film du réalisateur, c'est un reportage sur... Paris-Dakar! Et je viens de m'en rendre compte juste maintenant, en visitant le site internet de France5.

Repost 0
24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 23:49
J'ai déjà parlé sur ce blog de Maitencillo, petite cité balnéaire et port de pêche à 60 kilomètres au nord de Vina del Mar. Mais je n'y ai jamais consacré un article entier. L'erreur va être réparée de suite.
fotos-maman-066.JPG
Maitencillo, qui possède l'une des plus longues et belles plages de la côte centrale du Chili, est certes un peu moins pittoresque que le village d'Horcon. Mais la petite cité a su garder un certain charme, et n'est pas encore défigurée par les grands buildings. Et pour cause: Maitencillo s'étale sur une étroite bande de terre, à flanc de falaise: pas de place pour les hautes tours -ou presque, certaines ont réussi à poindre sur les hauteurs.

fotos-maman-067.JPG
Maitencillo est depuis longtemps un site de villégiature pour les familles de classe moyenne supérieure, qui viennent de Santiago, Valparaiso ou les villes environnantes pour profiter de l'océan. On y trouve souvent des politiques en vacances, des acteurs, qui se mélangent avec les locaux, les familles de pêcheurs et les surfeurs. Point de rendez-vous de tout ce monde: le petit marché et ses poissons frais.

fotos-maman-074.JPG
L'eau potable est rare à Maitencillo, et beaucoup de maisons ont des puits assez profonds, ou bien des réservoirs d'eau de pluie. L'eau du robinet a un goût plutôt saumâtre. Pour faire du thé, c'est horrible. Autant utiliser de l'eau de mer! Mais à part cet inconvénient, c'est un havre de paix (hormis en pleine saison estivale). Il est toujours agréable de se promener entre ces maisons de vacances en bois, s'arrêter pour déguster une empanada de mariscos (sorte de chausson aux fruits de mer et au fromage, délicieux!), flâner sur la plage, grimper sur le romantique promontoire, ou bien assister au repas des pélicans.

IMG-2870.JPG
Les pélicans sont très communs au Chili, et spécialement à Maitencillo. Ils y sont pratiquement apprivoisés: on peut les approcher à moins de deux mètres. Et c'est dans leur propre intérêt: en se comportant ainsi, ils bénéficient des largesses des pêcheurs, qui tous les jours leur servent une caisse de restes de poissons pour déjeûner. Voilà ce que ça donne:


C'est généreux de la part des pêcheurs, sympa pour les pélicans, et ça devient un spectacle. Mais je ne crois pas que ce soit une bonne chose, en réalité. Car au lieu d'aller pêcher, les pélicans n'ont plus qu'à paresser en attendant le retour des pêcheurs. Et surtout, ça les rend agressifs. Parfois, les coups de bec sont très méchants et violents. C'est un exemple de plus du travestissement de l'ordre naturel par la faute des hommes. Mais ne soyons pas si chagrin: après tout, cette coutume fait plaisir à tout le monde, les pélicans les premiers.

Repost 0
29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 22:15
Le mois d'août, c'est de l'or pour les allergologues chiliens. Or comme la fleur du mimosa, qui fleurit en cette fin d'hiver. Les mimosas (appelés "aromos" ici), sont très nombreux dans la région de Valparaiso. Les collines se teintes de jaune vif durant plusieurs semaines, donnant un peu de couleur à la froide saison, et des rhumes à foison à cause du pollen. Tellement jaune qu'ils rivalisent avec les panneaux de signalisation:


J'aurais aimé faire des meilleures photos, mais comme la plupart des mimosas accessibles sont au bord de routes très fréquentées, il a fallu laisser la voiture avec les warnings sur la bande d'arrêt d'urgence et faire au plus vite. Mais même ainsi, on peut distinguer que les branches ploient littéralement sous le poids des fleurs. Et regardez comme c'est fourni!


Pour voir plus de photos (et de meilleure qualité) je vous invite à parcourir les albums photos sur la colonne de gauche. Les deux derniers publiés: Arica-Lago-Chungara et Chili-Valparaiso-3. Bonne ballade en images!
Repost 0
27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 06:23
L'hiver dans les zones arides de l'Altiplano a quelque chose de fascinant. Alors que c'est l'hiver, il fait régulièrement 15 degrés à 3.500 mètres d'altitude. Alors que c'est l'hiver, il n'y a pas de neige jusqu'à 5.000 mètres. C'est tout simple: on est sous les Tropiques, le soleil tape fort, et il ne pleut pas. Ne cherchez pas plus loin pourquoi les Boliviens, Péruviens et autres habitants de l'Altiplano ont très vite la peau basanée et profondément ridée: c'est le climat qui veut ca.

Si les jours sont cléments, les nuits peuvent être polaires: -5 à -10 degrés en moyenne à Putre. Et les gens d'ici, habitués à peu consommer (l'eau, notamment), n'ont pas pour coutume de chauffer les habitations. On se couvre, on se pelotonne dans les couvertures, on saute la toilette du matin si le fond de l'air est trop frais. Et on attend les rayons salvateurs pour se réchauffer. Passer deux jours dans ces contrées permet de comprendre plus facilement pourquoi les Incas vouaient un culte au soleil.

Après une nuit difficile (froid + maux de tête dû à l'altitude = levé du pied gauche, Einstein n'aurait pas dit mieux), le soleil qui rayonne sur la place de Putre aide les corps à reprendre vie. Sur les montagnes derrière l'église, on nous souhaite la bienvenue à la mode géoglyphique.


Mais Putre n'est qu'un lieu d'escale, pour les touristes comme pour les camionneurs qui font la navette entre le Pacifique et la Bolivie. En route, donc.

La route monte rapidement à 4.400 mètres, jusqu'à l'entrée du Parc national Lauca. Mais la nuit passée à Putre a permis de s'acclimater à l'altitude, aucun souci donc. Comme la veille, le ciel est d'un bleu immaculé. Comme l'avant-veille, le lendemain, le surlendemain, etc.
Soudain, au détour d'un virage, se découvre pour la première fois à nos yeux le cône parfait du majestueux volcan Parinacota.


Du haut de ses 6.300 mètres, c'est l'un des plus hauts volcans du monde. Le lago Chungara, dans lequel il se reflète, en fait un site exceptionnel. Mais le volcan est encore à près de 40 kilomètres (sur la photo, il a l'air nettement plus près, n'est-ce pas?). Avant, il faut traverser le bofedal de Parinacota, une sorte de marécage d'altitude, contenant également de petites étendues de sel, où grouillent lamas, alpagas et vigognes.


Petit cours de sciences naturelles: comment différencier lamas, alpagas, vigognes et guanacos? Ce n'est pas si compliqué. Les deux premiers sont domestiques, tandis que vigognes et guanacos sont sauvages. Donc, si vous voyez un animal avec un collier ou des fanfreluches de couleur sur le poil, ce sera forcément un lama ou un alpaga. Le lama est nettement plus grand, tandis que l'alpaga est nettement plus laineux. Voici par exemple un jeune alpaga:


Le guanaco, comme je l'expliquais dans l'article précédent, est plus grand, au poil moins abondant et plus rèche. Il ressemble beaucoup au lama, considéré comme son cousin domestique. Le vigogne, le plus petit des quatre, est considéré comme le cousin sauvage de l'alpaga, au pelage plus fin mais beaucoup moins épais. Sa laine se vend à prix d'or à de grands couturiers (alors que moi, j'ai acheté un pull artisanal en laine d'alpaga pour 10 euros!). En voici un:


En résumé: deux grands, lama et guanaco; deux petits, vigogne et alpaga. Deux sauvages, vigogne et guanaco; deux domestiques, lama et alpaga, qui sont les plus laineux. Les vigognes sont les plus faciles à reconnaître pour leur taille et leur pelage fin. Mais poursuivons notre route: après la pause camel (haha!), nous arrivons aux lagunes de Cotacotani.



Difficile de dire si les berges blanches sont faites de glace ou de sel. Probablement la seconde option. Mais nous ne faisons que passer, le but est proche. Plus qu'un raidillon à franchir, et nous voici au lac Chungara. Le paysage est à couper le souffle, jugez plutôt:


Une chose me frappe: les étendues planes à de telles altitudes. Sans les volcans, ce serait un vaste haute plateau balayé par le vent. Il suffit de regarder à l'autre bout du lac, côté bolivien, pour s'en convaincre. Seul le volcan Sajama, du haut de ses 6.500 mètres, émerge de ces territoires presque plats.


La berge sud du lac est bordée par la route internationale Arica-La Paz, empruntée chaque jour par des milliers de poids-lourds, mais ca n'enlève rien à la magie du lieu. Une magie qui a pourtant bien failli disaparaître de la main de l'Homme. Un canal d'irrigation a en effet été construit pour pomper l'eau du Chungara jusqu'aux cultures de la vallée d'Azapa, aux portes d'Arica. Finalement, le projet n'a jamais été concrétisé, et c'est heureux! Car sans les eaux du lac, c'est tout un écosystème qui serait détruit.

Outre les camélidés, la zone est habitée par les condors, difficiles à observer, mais aussi par des échassiers dont les flamands roses, des mouettes, des mésanges, et quelques rongeurs comme le placide vizcacha, gros comme un lapin, qui passe des heures assis sur une pierre à se chauffer au soleil.



On peut également apercevoir des nandous, cousin de l'autruche, courir tel le bip-bip fuyant le coyote. Mais c'est plus rare. D'une manière générale, la plupart de ces animaux sont invisibles le matin: ils attendent que le soleil dégèle plantes et points d'eau pour aller se nourrir. Et pour les hommes, c'est pareil. Ici, la vie est rythmée par l'astre de feu. Passez au village de Parinacota en plein après-midi, vous y verrez les quelques habitants assis sur un banc, sur la place, prendre le soleil tels les vizcachas, seulememt troublés par quelques voyageurs.


Le village, à 4.300 mètres d'altitude, semble désert. Avec son église traditionnelle en adobe et toit de chaume, c'est l'un des hameaux typiques les mieux conservés de l'Altiplano chilien, mais en danger de décrépitude, faute d'activité humaine. Au pied du volcan, au bord des marécages où se nourrissent les animaux, l'endroit est lunaire, presque irréel. Il est difficile de s'imaginer vivre ici, même si le site est ensorcelant.

Après ca, tout ce silence, ces paysages magnifiques qui appellent à l'humilité et à la méditation, pas envie de redescendre à la "civilisation". Mais c'est pourtant tout ce qu'il nous reste à faire. Jusqu'à la prochaine escapade...


Repost 0
24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 14:54
Le Lago Chungara est un endroit qui se mérite. Perché à 4.500 mètres d'altitude, à deux pas de la frontière avec la Bolivie, c'est tout simplement le plus haut lac du monde (si l'on ne prend pas en compte quelques étangs et lagunes situés encore plus haut).

Alexis de Tocqueville, grand voyageur et chroniqueur, disait que le plus important dans un voyage n'est pas la destination, mais le périple pour y arriver. J'adhère totalement. Aller d'un point à un autre en avion n'a pas de charme. C'est en prenant son temps, en faisant des efforts pour atteindre le but, qu'un voyageur donne sens, de la saveur à son parcours. Monter au lago Chungara, c'est faire fi du mal d'altitude, supporter les nuits glaciales à 3.500 mètres d'altitude, accepter la solitude du lieu. Cela signifie aussi faire des pauses, prendre le temps de s'acclimater. Car passer directement du niveau de la mer à l'altitude du Mont Blanc (ou presque), c'est pas bon pour l'organisme!

Notre parcours commence donc à Arica. Après avoir traversé la fertile vallée d'Azapa, nous montons peu à peu dans les montagnes vierges de toute végétation. Le contraste est saisissant.


Les terres des collines aux alentours d'Arica sont réputées pour être extrêmement fertiles. Mais, ironie du sort, il n'y a pas d'eau pour les exploiter. La vie se retrouve donc cantonnée aux deux vallées de Lluta et Azapa, et au bord de mer. Pour la plupart des habitants d'Arica, le reste, le désert, ca n'existe pas. Ce n'est rien d'autre que le font d'écran immuable de leur panorama quotidien, une masse aride et inutile qu'ils ignorent. Et réciproquement. Le désert est fier et snobe ceux qui ne cherchent pas à le connaître, le pénétrer. Et même avec ceux-là, il ne fait pas prevue de clémence.

Du pied des premières collines jusqu'à 1.600 mètres d'altitude, rien ne vit. Pas même un cactus. L'absence même d'insectes surprend. C'est tout simple: à cette altitude, il ne pleut jamais. Ce n'est qu'au-dessus de 1.600 mètres qu'arrivent les premières gouttes. Tout juste assez pour permettre aux cactus candélabres de pousser, entre 2.000 et 2.800 mètres environ.



C'est au-dessus de 2.000 mètres que l'on trouve les premiers habitants visibles des montagnes: les guanacos. Parmi les quatre camélidés des Andes (lamas, alpagas, vigognes et guanacos, donc) ce sont les plus rustiques. Grands, sauvages et au poil épais, ils ne sont pas recherchés par l'homme mais sont monnaie courante dans ces contrées.


C'est aux alentours de 2.500 mètres d'altitude qu'apparaissent les premiers villages depuis Arica et la vallée de Lluta. Et quand je dis village, c'est un grand mot: des hameaux de quelques dizaines d'habitants, voire moins. Ici, on compte moins d'un habitant au kilomètre carré. C'est-à-dire que sur un territoire qui équivaut à la moitié de la Belgique vivent environ 4.000 personnes! Et pourtant, il y a le câble, Internet et... caca-cola, omniprésent.

Malgré cette très faible population, les habitants de ces quelques villages sentaient la nécessité de se protéger. D'où les pukaras, équivalents locaux des chateaux forts, construits à des points stratégiques. Le pukara de Copaquilla, placé sur un éperon rocheux, est un assemble de bas murets, formant de petites niches de pierre accrochées à la pente. Datant du XIIe siècle, l'ancien fort Inca est loin d'être une forteresse. Ce pukara est en fait un simple poste de surveillance pour protéger le village, coincé au fond du canyon.



Ces terres arides et inhospitalières sont habitées depuis des millénaires, comme on l'a vu dans l'article précédent avec les Chinchorros. J'ai toujours été fasciné par la persistance des Incas puis des Espagnols à aller dans les lieux si reculés, hostiles et peu accessibles. Et ce, à une époque (les XVe et XVIe siècles) où chevaux et boussole étaient les uniques moyens de transport et de repère.

Une fois sur place, il n'a pas dû être compliqué de soumettre des populations si peu nombreuses, ni de convertir au catholicisme des communautés tant isolées. Le pukara de Copaquilla, par exemple, a l'un des plus vastes points de vue de la région (à moins de monter au sommet des pics à 5.000-6.000 mètres), et tout ce que l'on voit, ce sont des montagnes, et des volcans, et des montagnes...



Les descendants des Indiens aymaras et incas sont toujours là, mais comme partout, les sirènes de la ville et ses miroirs aux alouettes attirent les gens des campagnes. Les petites cités de l'Altiplano se vident, les jeunes, peu tentés par une existence humble et rude, partent étudier ou tenter leur chance à Arica, et seuls les anciens restent. Il y a déjà des villages fantômes, et certains sont en passe de le devenir, comme Socorama.


Niché dans un vallon à 3.500 mètres d'altitude, le village prospérait grâce à ses cultures maraîchères. Mais aujourd´hui, les rues sont vides, et il ne reste plus aucun résident permanent.

A cette altitude, la tête commence à peser, la migraine s'annonce: il est temps de s'arrêter pour aujourd´hui. Tranquille bourgade au pied d'un volcan de plus de 5.000 mètres, Putre, unique commune et (de fait) capitale d'une province grande comme un département (1.000 habitants environ), nous attend. L'aspirine et le thé de coca pour vaincre le mal d'altitude, aussi. Le lac Chungara, ce sera pour demain.



A suivre...
Repost 0
17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 00:00
D'abord, il y a la rocaille et la poussière. Du sable et des collines imberbes à perte de vue. Et puis rien d'autre. Aucun signe de vie, animal ou végétal. Le désert, quoi. L'Atacama, réputé comme l'endroit le plus aride du monde, où même les meilleurs chamanes sont incapables de faire tomber une demi-goutte de pluie.


Et pourtant, l'endroit est habité depuis des millénaires par de petites communautés indiennes, Chinchorros, Aymaras ou, plus tard, Incas. Il suffit d'un ruisseau, un petit oasis, et la vie prend forme.

La ville d'Arica, à quelques kilomètres de la frontière avec le Pérou, se trouve dans l'une des zones les plus désertiques de l'Atacama. Il n'y pleut jamais. Rien. Sans la camanchaca, ces nuages venus de l'océan qui apportent un peu d'humidité presque tous les jours, la ville ne serait que sécheresse. Le climat est toutefois agréable: jamais trop chaud, jamais trop froid. Arica est sous les Tropiques, mais le Pacifique relativement froid tempère l'air ambiant.



Arica n'est pas une ville extrêmement intéressante. Il y a bien les plages et le casino, mais on trouve beaucoup mieux ailleurs. Les habitants d'ici sont beaucoup plus typés que dans la zone centrale du Chili, et vivent plus modestement. Ici, pas de grands centres commerciaux, peu d'activité commerciale et culturelle. Architecturalement, on peut remarquer le bâtiment de la douane et l'église, oeuvres de la compagnie Eiffel (celui de la tour). Mais c'est bien peu de choses pour une ville de 150.000 habitants (tellement peu que je n'ai même pas pris l'église en photo!). L'attraction principale demeure le Morro de Arica, un éperon rocheux qui domine la cité et la mer, et fut le théâtre d'une importante bataille avec le Pérou.


Je ne vais pas entrer dans les détails, mais sachez qu'aujourd´hui encore, on trouve dans cette zone proche des frontières avec le Pérou et la Bolivie des mines anti-personnel. Il est donc déconseillé de s'aventurer n'importe où sans un guide. D'une manière générale, mieux vaut éviter d'aller se ballader tout seul dans le désert. Il est facile de se perdre, le soleil tape fort, la déshydratation est un danger latent, et plus d'un a disparu entre les collines arides. Dans ces contrées inhospitalières, les vautours, noirs à tête rouge comme dans Lucky Luke, seront les premiers à vous trouver.


Le désert, hostile, imposant et mystérieux, fait naître bien des mythes. Des légendes circulent sur des soldats de l'armée chilienne des années 1870-1880, dont les corps n'ont jamais été retrouvés. De nombreuses personnes, incluant des officiers de police, affirment avoir rencontré ces militaires en chair et en os alors qu'ils étaient seuls dans le désert. Mirages? Possible. Ce qui est sûr, c'est que l'on peut trouver, encore aujourd´hui, des restes quasi intacts de vêtements et accesssoires de soldats, et même des restes de corps: en l'absence de pluie, tout se conserve et il y a très peu d'érosion.

Cette absence de pluie a permis de retrouver dans les sables du désert les
momies Chinchorros, dont j'ai déjà parlé. Confectionnées par une humble tribu de pêcheurs vivant dans la zone d'Arica, ce sont les momies les plus anciennes au monde: certaines ont près de 8.000 ans!


L'absence de pluie a également permis la sauvegarde de toute une culture ancienne. Faute d'humidité, il y a très peu d'érosion, ce qui a permis de conserver intactes des ruines millénaires. On retrouve ainsi, creusés dans le sol, les garde-manger des anciennes communautés indiennes, probablement de l'époque des Incas. Des sortes de puits de 1 à 2 mètres de profondeur, formés de pierre grossières simplement superposées. Sans aucun ciment, sans aucune protection, ces constructions précaires ont passé sans problème l'épreuve des siècles. Elles se sont juste remplies de sable.

Les fameux pétroglyphes et géoglyphes ont également bénéficié du climat désertique. Les premiers sont de simples sculptures en bas-relief creusés sur des rochers à flanc de collines. Une coutume commune à de nombreuses civilisations. Les géoglyphes, en revanche, sont beaucoup plus rares. Il s'agit de grands motifs de plusieurs mètres de long et de large (le plus grand fait 90 mètres), réalisés en accumulant des pierres sur les pans de montagne. Imaginez s'il pleuvait: il y a bien longtemps que l'eau ruisselante aurait fait rouler les pierres au bas des collines, détruisant ces oeuvres millénaires (on ne connaît pas leur âge exact).


On ne connaît pas bien non plus le sens profond de ces dessins, qui représentent généralement humains et animaux. Certains disent qu'ils serviraient de panneaux indicateurs, d'autres pensent que ce sont des rites pour honorer les dieux. En tous les cas, ils sont toujours éclairés par le soleil levant.

A suivre...
Repost 0