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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 22:32

Pour un monde meilleur, une meilleure éducation. C'est une devise que je fais mienne. Une éducation pour tous, sans différence de classes, d'origines ou de ressources financières. Une éducation débarrassée des concepts vénéneux de compétition et de classements. Une éducation humaniste, ayant pour finalité de faire de chaque enfant un individu pensant et responsable, pas de les modeler pour entrer dans le monde du travail.

 

Au Chili, on est très loin du compte. D'abord, les enseignants sont mal payés, souvent mal considérés. Pire: leur formation universitaire n'est souvent pas à la hauteur, et chaque année, environ un tiers des enseignants contrôlés par le ministère de l'Education recoivent un avertissement pour connaissances insuffisantes. Les différences entre établissement publics aux faibles ressources et écoles privées huppées sont criantes. Par ailleurs, il n'existe pas vraiment de programme unique: par exemple, ce que l'on enseigne au collège municipal de Quilpué peut être très différent (et très en-dessous) de ce qu'apprennent les élèves du collège allemand voisin.

 

Comme la majorité des écoles, collèges et lycées sont privés, ils doivent attirer la clientèle, et font généralement leur publicité en affichant les bons résultats de leurs élèves. Compréhensible, mais déplorable. Au lieu de tirer le niveau général des enfants par le haut, ce système crée une discrimination des plus faibles, dont personne ne veut afin de ne pas mettre en péril les résultats flatteurs de l'établissement. Et les aides supplémentaires gouvernementales aux écoles de zones pauvres mais affichant de bons résultats ne suffisent pas à pallier cette lacune: au final, ces aides profitent uniquement aux plus méritants, pas à ceux qui sont en réelle difficulté. Bref, dès le départ, on enseigne indirectement aux enfants que c'est la loi de la compétitivité qui dirige.

 

Le Chili, comme beaucoup d'autres pays en développement, vise à rejoindre le club des pays développés d'ici dix à vingt ans. Ce n'est pas en continuant à délivrer une éducation médiocre et inégalitaire qu'il va y parvenir. Il y a bien de nouvelles mesures mises en place par le gouvernement, visant à améliorer le contrôle des enseignants, mais ca ressemble à du blabla techocratique vide de contenu. Jugez pluot: "Création d'une nouvelle achitecture pour l'institutionalité de l'éducation, créant une agence pour la qualité de l'éducation". Et puis, encore une fois, renforcer les contrôles n'est pas la meilleure chose à faire pour (re)valoriser le rôle d'enseignants en mal de reconnaissance. De la formation adaptée, des séminaires de perfectionnement, voilà ce qu'il faudrait mettre en place. Pas un système de sanctions.

 

Mais au fond, le petit club des élites qui contrôlent le pays souhaient-ils vraiment cela? Ils baignent déjà dans le confort, et n'ont pas vraiment besoin que les classes moyennes croissent, qu'elles soient mieux éduquées. Car cela mettrait en péril leur marge de manoeuvre, en créant une nouvelle frange de population suffisamment qualifiée pour atteindre le sommet de la pyramide sociale, suffisamment nombreuse pour contrecarrer leurs plans et leurs décisions. Au Chili comme ailleurs, les classes supérieures ont plutôt intérêt à maintenir le reste de la population à leurs chevilles. C'est obscurement égoïste, mais c'est la vérité.

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commentaires

foromer 25/04/2011 20:12



  Au sujet de l'éducation publique en France, j'ai enseigné pendant 2 ans dans un collège de banlieue parisienne, j'ai fini par démissionner vu comment on était traité par la hierarchie et
du manque de reconnaissance. Mais pendant mes deux années d'expérience j'ai découvert une réalité que je ne soupçonnais pas en France, comme par exemple une professeur de mathématiques avec
seulement un diplôme d'assistante sociale (!), un professeur de physique avec seulement un bac S, ect... Bien entendu on leur demande de mentir aux parents d'élève. Je crois que la différence
entre le Chili et la France est qu'en France on est tellement persuadé d'avoir encore un bon système éducatif que pas grand monde le remet en question, alors qu'au Chili les débats sur le système
éducatif sont récurents donc les gens sont au courant des défaillance de leur système éducatif.


   Niveau point commun je pense qu'en France (aujourd'hui), ainsi qu'au Chili l'éducation est vue comme une dépense et pas comme un investissement. Mais le Chili est sur une pente
contraire de celle de la France, c'est à dire qu'en France on diminue les postes et le budget de l'éducation nationale et tout le monde est content car tout le monde s'en fout de l'éducation
(c'est une vérité que j'ai découvert lors de mes discussions avec les parents d'élève), alors qu'au Chili les débats sur l'éducation sont tellement fréquents que le gouvernement est obligé
d'investir plus dans l'éducation.


   Une chose qui pourrait être intéressante serait de comparer la qualité de l'éducation chilienne avec celle d'un pays dont le niveau de vie est comparable (par exemple l'Argentine).



@tom 26/04/2011 06:16



Intéressant... y aurait-il aussi une éducation à deux vitesses en France, avec les ZEP bloquées au point mort et le reste avancant à peu près normalement?


Connais-tu bien le Chili? Parce que pour faire ses commentaires, tu dois être quelqu'un qui connait le pays...



foromer 24/04/2011 12:59



 Bonjour,


   En France les établissements privés sélectionnent également les élèves pour avoir les meilleurs résultats au bac. En France comme au Chili les profs sont mal payés et mal considérés.
En fait je pense que le problème du Chili est plutôt l'obligation d'être diplômé pour avoir un bon travail, en France par exemple dans les années 70  seulement 10% des jeunes d'une classe
d'âge intégrait l'université, et en général ils correspondaient également aux plus aisés. Sauf qu'à cette époque on pouvait avoir un bon avenir en France sans passer par l'université.



@tom 25/04/2011 17:25



Il est vrai que les établissement privés francais font eux aussi de la sélection. Mais la différence, c'est que l'école publique francaise reste de qualité. Au Chili, c'est pas vraiment le cas.


Pour le reste, bonne remarque. Le problème du Chili est surtout qu'il n'existe pas d'ascenseur social.