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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 16:47

Saviez-vous que l'Antarctique est l'unique territoire de la planète où la guerre est interdite? Sans vie humaine, sans usines, sans "propriétaires", le Continent Blanc est protégé depuis 50 ans par une série de traités internationaux qui en font une réserve naturelle et scientifique, où toute opération militaire ou minière est prohibée.

 

Mais pour combien de temps? Le tourisme polaire est en plein développement, pas moins de sept pays (dont le Chili et la France) revendiquent une portion de terre glacée, et dans l'hypothèse d'une prochaine fonte des glaciers, l'Antarctique est à même d'exciter les convoitises. Pour ses réserves d'eau potable (glacée, certes, mais pas moins utilisable) et ses potentielles richesses minières.

 

Paradoxalement, alors que le premier Traité sur l'Antarctique de 1959 garantit que le Continent blanc, n'est propriété d'aucun Etat, c'est l'un des endroits dont l'accès est les plus contrôlés dans le monde. Et c'est nécesaire. Car le développement de quelconque activité humaine, sans réglementation, mettrait en péril un écosystème unique et fragile. Les opérateurs touristiques obéissent à une série de contraintes et de règles qu'ils se sont auto-imposées. Mais si la demande continue d'augmenter, l'installation d'hôtels sur la péninsule antarctique est une hypothèse plausible.

 

antarctique1 

Concernant les revendications territoriales, l'Antarctique baigne dans un flou juridique opaque comme une grosse couche de banquise. Les traités reposent sur le principe d'un gel (sic!) des prétentions territoriales. Autrement dit, aucun Etat ne peut se déclarer possesseur d'un bout du territoire antarctique. Mais rien ne les empêche de poursuivre leurs revendications.

 

Le plus préoccupant concerne l'activité minière. A l'époque du premier traité de 1959, plusieurs Etats signataires salivaient d'avance à la perspective des (supposées) richesses minérales enfouies sous la glace. La question de leur possible exploitation a donc été soigneusement éludée dans le texte. Mais depuis, le Protocole au Traité sur l'Antarctique de Madrid, en 1991, a clairement interdit toute activité minière, à moins qu'elle soit nécessaire à la recherche scientifique (en effet, on ne saît pas encore, ou très peu, de quoi est composé le sol du continent).

 

antarktik Vostok Station

 

Le problème, c'est que ce protocole expire en 2048, et qu'il n'est pas certain qu'il soit prolongé. Car d'ici là, la demande énergétique et minière de la planète devrait continuer d'augmenter. Certains experts s'attendent à une pénurie de ressources. Dans ce contexte, si le réchauffement climatique suit son court comme prévu, le sous-glace de l'Antarctique apparaitra comme un gigantesque gateau, auquel il sera difficile de ne pas succomber.

 

Mais l'Antarctique est aussi porteur de bonnes nouvelles. Des chercheurs ont ainsi récemment découvert des micro-organismes capables de dissoudre le pétrole but, le diésel et autres hydrocarbures. BP aurait été content de les avoir sous la main au golfe du Mexique!

 

Personnellement, même s'il s'avérait que la fonte des glaces de l'Antarctique était inéluctable, je pense qu'il est indispensable de protéger ce vaste territoire. A plus forte raison, si elles fondent. Car le jour où le Continent Blanc sera totalement libéré de ses glaces, cela voudra dire que le climat se sera considérablement réchauffé, que le niveau de la mer aura notoirement augmenté, et que les ressources en eau potable de nos actuels continents aura largement diminué. Autrement dit, dans plusieurs centaines d'années, l'Antarctique risquerait de devenir une bouée de secours, l'un des rares territoires vivables. Mais cela n'est qu'une projection, un changement radical de paradygme qui, espérons-le, n'est pas près d'arriver.

 

Pour finir, je vous conseille fortement de lire "La Nuit des Temps", de Barjavel. Un magistral roman de science-fiction qui traite en filigrane de l'avidité de l'Homme et des conséquences de sa malsaine curiosité.

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